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Henri Plagnol : « La capacité à réformer est bien la clef d’une démocratie »
Ancien Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de l’aménagement du territoire à la réforme de l’Etat de 2002 à 2004, Henri Plagnol est aujourd’hui député UMP du Val-de-Marne, département dont il est aussi conseiller général, et le nouveau maire de Saint-Maur-des-Fossés (73.OOO h). Il a été l’un des grands initiateurs de l’e-administration. Il livre à L’Élu Local Magazine ses réflexions à l’heure de la vague de réformes entreprise par le Gouvernement sous la houlette du Président de la République.

ELM : Le quinquennat en cours est placé sous le signe premier de la réforme tous azimuts. La réforme est-elle une clef de la démocratie ?

Henri Plagnol : Un gouvernement élu démocratiquement doit respecter le contrat passé avec les citoyens lors des élections. Le Président de la République avait clairement dit aux Français la nécessité de réformer en profondeur pour donner à la France toutes ses chances dans la nouvelle donne de la mondialisation. Engager les réformes annoncées, c’est donc tout simplement être fidèle à ce que nous avons dit aux Français lors des élections présidentielles et législatives. En ce sens, la capacité à réformer est bien la clef d’une démocratie qui veut rester fidèle à ses idéaux.

ELM : Le Président de la République a voulu une vaste réforme de l’Etat, engagée depuis un an. En quoi est-ce là une réforme urgente et impérative ?

Henri Plagnol : La réforme de l’Etat est essentielle pour moderniser notre fonction publique et gagner en productivité. C’est ainsi que nous parviendrons à maintenir la qualité de nos services publics tout en réalisant les économies indispensables au redressement de notre économie.

ELM : L’argument justifiant cette réforme est-il seulement économique ?

Henri Plagnol : La Réforme de l’Etat ne doit pas obéir à une logique purement financière. Il s’agit d’abord et avant tout, d’améliorer la qualité du service public. La numérisation en est un excellent exemple : l’accès par le net aux démarches administratives, est un plus pour les Français et une source d’économies pour l’Etat, tout en enrichissant la tâche des agents.

ELM : Trouvez-vous que les élus, nationaux et locaux, sont suffisamment associés à cette réforme, pilotée au plus haut niveau ?

Henri Plagnol : L’expérience prouve que si l’on veut faire avancer des réformes difficiles, il est impossible de mettre d’accord tout le monde. Tant qu’il s’agit de la fonction publique et de l’Etat, je ne suis pas choqué que ce soit le Gouvernement qui prenne les décisions. En revanche, si l’on veut moderniser nos collectivités locales, alors il est indispensable d’associer très en amont les élus.

ELM : Le principe d’une réforme de la fonction publique est acquis puisqu’un projet de loi est annoncé pour 2009. Comment voyez-vous les choses ?

Henri Plagnol : La réforme annoncée est très positive puisqu’elle va notamment permettre de favoriser la mobilité des agents et les passerelles entre les fonctions publiques, hospitalière, territoriale et nationale. Elle devrait aussi conduire à une meilleure évaluation et à encourager le mérite, ce qui, à mes yeux, est essentiel. Enfin, le nombre de corps sera fortement réduit et les statuts seront modernisés.

ELM : L’architecture administrative de la France est lourde et complexe. Faut-il, parallèlement à la réforme de l’Etat, engager une nouvelle étape de la décentralisation, et pour y faire quoi ?

Henri Plagnol : Il est indispensable de remettre à plat notre architecture administrative. Pour n’importe quel projet, il y a beaucoup trop d’échelons de décision, ce qui alourdit les délais et les coûts. Je suis favorable à une clarification des compétences pour que l’on sache qui fait quoi.

ELM : Vous siégez au conseil général du Val-de-Marne. Comment appréhendez-vous le débat sur une hypothétique suppression du département ?

Henri Plagnol : Je n’ai jamais caché que j’étais favorable à la suppression des conseils généraux en région urbaine. Je me réjouis de l’ouverture de ce grand chantier par le Président de la République, qui l’a annoncé pour l’année 2009. Nous verrons s’il est possible sur ce sujet de trouver un consensus parmi les élus.

Propos recueillis par Marc du Tartre

Interview paru dans ELM n° 31 - septembre 2008

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